Rencontrer les plus pauvres

« Qu’ils se réjouissent quand ils se trouvent parmi des gens méprisés, des pauvres et des infirmes, et des mendiants des rues. »

Un récitatif biblique. Fête de la miséricorde à Marseille en mai 2016.

                                                                                                                                                                                                                                                           La présence auprès des plus pauvres est un élément essentiel de la spiritualité franciscaine et un moment essentiel de la conversion de Saint François. A la fin de sa vie, dans son Testament, le seul événement qu’il retient pour parler de sa conversion est sa rencontre avec les lépreux. Il écrit: « Voici comment le Seigneur me donna, à moi frère François, la grâce de commencer à faire pénitence. Au temps où j’étais encore dans les péchés, la vue des lépreux m’était insupportable. Mais le Seigneur lui-même me conduisit parmi eux ; je les soignais de tout mon cœur ; et au retour, ce qui m’avait semblé si amer s’était changé pour moi en douceur pour l’esprit et pour le corps. Ensuite j’attendis peu, et je dis adieu au monde ». (Testament 1-3)  La miséricorde faite avec les plus pauvres est aujourd’hui un chemin que le Pape François propose à toute l’église, lui qui voudrait « une église pauvre avec et pour les pauvres. »

En France, les frères n’ont pas d’institutions pour les pauvres, mais à travers de nombreux engagements, nous nous rendons présents auprès des malades, des prisonniers, des gens du voyage, des migrants, des personnes de la rue ou des familles du Quart Monde. Il ne s’agit pas pour nous simplement de les aider dans leurs difficultés, mais d’être leur frère, de vraiment les rencontrer comme des personnes et pas seulement comme des gens dans le besoin.

François nous invite chacun à découvrir la joie de rencontrer les petits et de contempler la présence de Jésus en eux.

« Je désire une Église pauvre pour les pauvres. Ils ont beaucoup à nous enseigner. En plus de participer au sensus fidei, par leurs propres souffrances ils connaissent le Christ souffrant. Il est nécessaire que tous nous nous laissions évangéliser par eux. La nouvelle évangélisation est une invitation à reconnaître la force salvifique de leurs existences, et à les mettre au centre du cheminement de l’Église. Nous sommes appelés à découvrir le Christ en eux, à prêter notre voix à leurs causes, mais aussi à être leurs amis, à les écouter, à les comprendre et à accueillir la mystérieuse sagesse que Dieu veut nous communiquer à travers eux. » (Pape François, Evangelii Gaudium, §198)