En mission avec nous

21 novembre 2017 : Frères franciscain et capucin dans les rues de Lyon, durant leur mission « Fraternels dans la ville ». Lyon (69), France.

« Évangéliser un homme, vois-tu, c’est lui dire : Toi aussi, tu es aimé de Dieu dans le Seigneur Jésus. Et pas seulement le lui dire, mais le penser réellement. Et pas seulement le penser, mais se comporter avec cet homme de telle manière qu’il sente et découvre qu’il y a en lui quelque chose de plus grand et de plus noble que ce qu’il pensait, et qu’il s’éveille ainsi à une nouvelle conscience de soi. C’est cela, lui annoncer la Bonne Nouvelle. Tu ne peux le faire qu’en lui offrant ton amitié. Une amitié réelle, sans condescendance, faite de confiance et d’estime profonde. Il nous faut aller vers les hommes. La tâche est délicate. Le monde des hommes est un immense champ de lutte pour la richesse et la puissance. Et trop de souffrances et d’atrocités leur cachent le visage de Dieu. Il ne faut surtout pas qu’en allant vers eux nous leur apparaissions comme une nouvelle espèce de compétiteurs. Nous devons être au milieu d’eux des témoins pacifiés du Tout-Puissant, des hommes sans convoitise et sans mépris, capable de devenir réellement leurs amis. C’est notre amitié qu’ils attendent, une amitié qui leur fasse sentir qu’ils sont aimés de Dieu et sauvés en Jésus Christ. »

Ce texte du frère Éloi Leclerc résume à merveille la façon dont François a vécu l’annonce de la Bonne Nouvelle: comme une histoire d’amitié avec tous, rendue possible par l’amour du Dieu très bon: vers les lépreux tout d’abord, mais également vers tout homme, toute femme, vers toute la Création. Le lépreux, le soleil, la lune, les oiseaux, le Seigneur Pape, l’évêque et le podestat d’Assise, les brigands et le loup de Gubbio… Tous sont devenus des frères et des sœurs.

C’est cet élan d’annoncer la miséricorde du Seigneur à toutes créatures, qui a porté nos frères dans la mission, Fraternels dans la ville, en novembre 2017 à Lyon.

Mais c’est cette même mission qui nous porte dans le quotidien de nos fraternités, de nos engagements.

Même la vue des lépreux lui était insupportable. Pourtant, François écrit dans son Testament: « Mais le Seigneur lui-même me conduisit parmi eux ; je les soignais de tout mon cœur ; et au retour, ce qui m’avait semblé si amer s’était changé pour moi en douceur pour l’esprit et pour le corps. »

Rencontrer les plus pauvres peut faire peur. Mais dans la rencontre, c’est souvent la présence du Seigneur qui se dévoile. « ce que vous avez fait à ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » dit Jésus. Et celui qui sert découvre la profondeur de la miséricorde de Dieu.

Voici l’exemple, parmi d’autres, du fr. Jack, frère conventuel de Bruxelles:

Avec l’aimable autorisation du Jour du Seigneur