#Le Monde d’Après?

#Le Monde d’Après?

Minisérie franciscaine YouTube: pour que "le monde d'après" ne se construise pas sans toi... #MdA?

Un triste anniversaire

Il y a 5 ans, le pape François publiait un texte majeur de son pontificat. Sans doute, à la lumière de la crise actuelle du Covid19, s’apercevra-t-on qu’il compte parmi les plus grands documents du « magistère social » de l’Église, de ses prises de parole dans le domaine social et environnemental: Laudato Si’, sur la sauvegarde de la maison commune.

Pour les catholiques, mais pas uniquement, ce texte est une boussole: constat sans concession des ravages du « consumérisme obsessif », d’un « anthropocentrisme dévié », appuyé sur des analyses scientifiques largement partagées, sur un discernement des limites du « paradigme technocratique » , sur une lecture des signes des temps en particulier la violence faite aux plus pauvres et sur une écoute de l’Écriture.

Le pape fait le constat de la nécessaire révolution spirituelle qui nous attend. La science seule ne pourra pas sauver le monde. Sans une conversion de nos façons de consommer et de vivre dans notre environnement, nous continuerons à être des prédateurs de la nature, des ennemis les uns des autres et nous nions dans la pratique notre foi en ne respectant pas concrètement  la gloire de Dieu qui se donne à lire dans la Création.

Une aide pour lire l’encyclique

A l’occasion de ce cinquième anniversaire et poussé par l’urgence liée au contexte actuel, le fr. Frédéric-Marie, franciscain et théologien, propose une minisérie youtube afin de mieux entrer dans l’encyclique Laudato Si’. Elle permettra de lire ce texte en profondeur. Elle nous aidera à nous engager et à développer ce que le pape appelle « les vertus écologiques ». A travers les grands thèmes de l’encyclique, à travers la lecture d’extraits, à travers des mises en perspectives, ces vidéos permettront de mieux comprendre les enjeux de la transition écologique aujourd’hui, de mieux entrer en dialogue avec tous ceux et toutes celles qui déjà s’engagent, de mieux vivre notre foi.

« L’espérance ce n’est pas la certitude que tout ira mieux demain, mais la conviction que ce que je fais à du sens ». Vaclav Havel.

Un enjeu de foi, une responsabilité pour les Chrétiens

Pour nous, disciples de Jésus-Christ qui attendons son retour glorieux, il ne s’agit pas seulement de préserver la nature. C’est un objectif immédiat très louable que nous partageons avec toute l’humanité car, collectivement, nous n’avons pas de « planète B ». Faisant référence à l’épisode évangélique de la tempête apaisée, lors de la bénédiction Urbi et Orbi à Rome le 27 mars 2020, le pape disait: « nous découvrons que nous sommes dans la même barque »,

Pour un croyant, il s’agit d’un enjeu de foi. Car plus profondément, il s’agit de comprendre que ce monde dévoile le Dieu-Trinité, que sa création est un reflet de sa gloire, que chaque créature, même la plus petite, est porteuse d’une beauté et d’une bonté qui témoigne de la beauté et de la bonté de son Créateur.Et pas seulement de le comprendre, mais de s’en émerveiller. Et pas seulement de s’en émerveiller, mais d’en vivre. Et pas seulement d’en vivre, mais d’en prendre soin. Et pas seulement d’en prendre soin, mais de retourner toute louange à Dieu qui crée, qui nous recrée à chaque instant.

 Jésus-Christ qui nous sauve par sa croix est l’Alpha et l’Oméga de l’histoire humaine. Il est le « Christ cosmique » selon l’expression de saint Irénée, le « point Oméga » selon Teihard de Chardin, fin et plénitude de l’humanité, celui en qui habite toute plénitude et qui réconciliera tout en lui à la fin des temps, selon l’épitre aux Colossiens. (Épitre aux Colossiens, 1,15-20)

En disciples de François d’Assise

Le pape a choisi François d’Assise comme nom pour orienter son pontificat. « Souviens-toi des pauvres », lui lance un cardinal quelques minutes après son élection. Souviens-toi de la clameur des pauvres et de la clameur de « sœur notre mère la terre » pourrions-nous poursuivre avec le Poverello. Comme hommes et femmes qui avons choisi de mettre nos pas dans ceux de François et de Claire d’Assise, nous avons une responsabilité particulière à partager le trésor spirituel qu’ils ont légué à toute l’Église.

Car, avouons-le, le fait que François soit un saint très populaire ne signifie pas forcément que nous l’ayons compris! Nous aimons François et nous nous émerveillons de son exemple quand il prend un petit agneau tout mignon dans ses bras, quand il apprivoise un loup qui devient comme un petit toutou sympathique et inoffensif, quand il prêche aux oiseaux qui chantent à tue-tête dans le ciel bleu! Si le monde de François n’était qu’une racine moyenâgeuse de Bambi, des documentaires animaliers ou du « Summer of Love », il n’aurait rien à nous dire! Son exemple a-t-il réellement et concrètement changer nos vies? Empruntons-nous, à sa suite, le chemin de désappropriation, de pauvreté, de fidélité à l’Évangile qui l’a conduit à recevoir dans sa chair les marques de la croix, à être le premier stigmatisé? Louer pour le Soleil, la lune et les étoiles, passe encore. Mais pouvons-nous mettre en vérité sur nos lèvres et dans nos cœurs sa louange pour « sœur la mort corporelle à qui nul homme vivant ne peut échapper? »

C’est pourtant à ces conséquences ultimes que nous convoque la conversion écologique. Elle n’est pas simplement le versant spirituel de la gestion d’une transition visant à sauver ce qui doit l’être et peut l’être. Quand bien même il n’y aurait pas de crise écologique, l’exigence d’un retournement pour accueillir le Royaume resterait nécessaire. Laudato Si’ est la boussole pour vivre, en disciples du Christ, le temps qui nous est donné à vivre.

#MdA? 01: L’urgence de relire Laudato Si’ au coeur du confinement

Le premier numéro est déjà en ligne. Une première présentation du projet… à suivre…

« Le temps qu’aujourd’hui nous vivons n’a pas besoin de jeunes-canapés, mais de jeunes avec des chaussures, mieux encore, chaussant des crampons. Il n’accepte que des joueurs titulaires sur le terrain, il n’y a pas de place pour des réservistes. Le monde d’aujourd’hui vous demande d’être des protagonistes de l’histoire, parce que la vie est belle à condition que nous voulions la vivre. » (Discours du Pape François aux JMJ, Cracovie, 2016)